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Le Livre des Parfums

27 avril 2010 5 327 views Aucun commentaire

Après le succès rencontré par son ouvrage “The book of perfume” (6ème édition), Eugène RIMMEL le complète par de nouvelles recherches et sort la version française en 1870. Historique, anecdotique mais aussi technique, ce livre nous mène à travers les âges, les pays et les odeurs. Ce cosmétologue notoire se décrit comme “un simple industriel sans aucune prétention littéraire” mais ce voyage initiatique au monde du parfum est délicat et enchanteur.

Les parfums entrèrent dans les rites de toutes les religions et nous les retrouvons en usage sur les autels de Zoroastre comme sur ceux de Confucius, dans les temples de Memphis comme dans ceux de Jérusalem. Non contents de les admettre dans l’exercice de leur culte, les Grecs en avaient fait l’apanage spécial des dieux et le signe distinctif de leur présence.

Mais on reconnut bientôt qu’en combattant tout principe délétère, les parfums éloignaient la destruction, et que leurs émanations avaient une action directe et bienfaisante sur l’organisme. On les appliqua à la conservation de la beauté qu’ils rendaient plus séduisante, et de ce jour l’art du parfumeur eut un double but : reproduire, nuancer, varier à l’infini les mille senteurs que crée la nature pour la délectation de notre odorat, et composer des cosmétiques pour préserver les attraits de la femme dans toute leur fraîcheur, et les défendre vaillamment contre les attaques de ce rude adversaire qu’on nomme le Temps.

L’histoire des parfums est, en quelque sorte, celle de la civilisation. En effet, leur usage n’a pu jamais être compris et apprécié que par des peuples policés, aux goûts raffinés et délicats; aussi les voyons-nous en honneur tour à tour chez les Égyptiens, les Juifs, les Assyriens, les Grecs, les Romains, les Arabes, et enfin chez les Européens de la Renaissance qui, après des siècles de guerre et de barbarie, firent refleurir les arts de la paix.

Cette curieuse histoire n’est pas seulement écrite dans les livres; elle existe encore sous forme de peintures murales, de bas-reliefs, de statues, d’autels, d’urnes, d’amphores, d’encensoirs et de mille autres reliques de l’antiquité qui confirment les récits des auteurs, et nous aident à reconstruire les images du passé. Rassembler tous ces lambeaux dispersés dans un nombre immense de musées et d’in-folio, en faire un résumé pour ceux que ce genre d’études intéresse, illustrer ce qui ne peut se décrire, et décrire ce qui ne peut s’illustrer : telle est la tâche entreprise.
Ce livre soulève le voile qui dérobait aux regards des profanes les mystères des Égyptiens, analyse les parfums sacrés dont la composition avait été révélée au peuple de Dieu, fait prendre place aux luxueuses fêtes de Babylone, fait assister à la laborieuse toilette des dames grecques et romaines, demande aux beautés du harem les secrets merveilleux dont elles usent pour conserver si longtemps leurs charmes, enfin suit pas à pas les progrès de la parfumerie moderne, depuis le moment où elle est sortie encore bien informe des langes de l’alchimie, jusqu’à celui ou elle est arrivée à se conquérir une place honorable parmi les industries sérieuses et importantes.

Source : Le Livre des Parfums

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